Le réseau .fm
Les repères
92.3 Crédit

Prêt relais : comment il fonctionne et son principal risque

Emprunter sur un bien qui n'est pas encore vendu suppose d'estimer sa valeur avec prudence : c'est précisément là que se joue le principal risque du prêt relais.

Panneau à vendre planté devant une maison en pierre

Acheter un nouveau logement avant d'avoir vendu l'ancien pose un problème de trésorerie que le prêt relais est justement conçu pour résoudre : il avance une partie de la valeur du bien à vendre, permettant de financer l'achat sans attendre que la vente soit conclue.

Ce mécanisme d'avance repose entièrement sur une estimation, celle de la valeur du bien à vendre, ce qui en fait à la fois sa force et son principal point de vigilance. Une estimation trop optimiste expose à un déséquilibre financier si la vente tarde ou se conclut à un prix inférieur à l'attendu.

Ce guide explique le fonctionnement du prêt relais, la différence entre un prêt relais sec et un prêt relais adossé, le montant réellement avancé, sa durée, ce qui se passe si le bien ne trouve pas preneur dans les délais, et les précautions à prendre avant d'y recourir.

Le principe : avancer une partie de la valeur d'un bien pas encore vendu

Le prêt relais répond à une situation précise : acheter un nouveau logement avant d'avoir vendu l'ancien, sans attendre que cette vente soit conclue pour disposer des fonds nécessaires. La banque avance une partie de la valeur estimée du bien à vendre, sous forme de prêt, ce qui permet de financer tout ou partie du nouvel achat en parallèle des démarches de vente en cours.

Prêt relais sec ou prêt relais adossé

Un prêt relais sec finance seul le nouvel achat, lorsque la valeur du bien à vendre couvre à elle seule le montant nécessaire. Un prêt relais adossé, plus fréquent, se combine à un second prêt immobilier classique, lorsque le prix du nouveau bien dépasse la seule valeur de l'ancien logement. Dans ce second cas, l'emprunteur rembourse alors deux prêts en parallèle jusqu'à la vente, ce qui suppose une capacité de remboursement suffisante pour absorber temporairement cette double charge.

Le montant réellement avancé, toujours en deçà de l'estimation

La banque n'avance jamais la totalité de la valeur estimée du bien à vendre, mais une part de cette estimation, pour se prémunir contre l'incertitude propre à toute estimation immobilière. Cette marge de prudence protège à la fois l'établissement prêteur et l'emprunteur : elle réduit le risque qu'un prix de vente finalement inférieur à l'estimation initiale ne mette l'emprunteur en difficulté pour rembourser l'intégralité du prêt relais au moment de la vente.

Prêt relais sec et prêt relais adossé
Prêt relais secPrêt relais adossé
Situation typiqueLe bien à vendre couvre le nouvel achatLe nouvel achat dépasse la valeur du bien à vendre
Financement complémentaireAucun prêt supplémentaire nécessaireCombiné à un prêt immobilier classique
Charge de remboursementUniquement le prêt relais jusqu'à la venteLe prêt relais et le nouveau prêt en parallèle
Remboursement du capitalÀ la vente effective du bienÀ la vente effective du bien, pour la part relais

Les conditions précises varient selon les établissements et la situation de chaque dossier : vérifiez toujours les modalités exactes avant de vous engager.

Une durée limitée, avec une possibilité de renouvellement

Le prêt relais est conçu comme une solution temporaire, avec une durée initiale limitée dans le temps. Si la vente du bien n'a pas abouti à l'échéance prévue, un renouvellement encadré reste parfois possible, sous réserve de l'accord de l'établissement prêteur, mais cette prolongation n'est jamais automatique ni garantie d'avance. Elle suppose une nouvelle appréciation de la situation, notamment de l'avancement réel des démarches de vente.

Le principal risque : une estimation trop optimiste

Limiter ce risque en amont

Ce risque se limite avant tout par une estimation prudente et réaliste du bien à vendre, idéalement confirmée par plusieurs avis professionnels plutôt qu'une seule estimation isolée. Fixer un prix de vente cohérent avec le marché local, plutôt qu'un prix ambitieux pensé pour maximiser le montant avancé, réduit sensiblement le risque d'un écart important au moment de la vente effective. Comparer également ce montage avec d'autres solutions, comme un rachat de crédits en cas de double charge déjà existante, permet d'éviter un recours au prêt relais mal ajusté à la situation réelle de l'emprunteur.

Les questions à se poser avant de recourir à un prêt relais

Vos questions fréquentes

Q1 Le prêt relais avance-t-il la totalité de la valeur du bien à vendre ?
Non, la banque avance seulement une part de la valeur estimée du bien, jamais son intégralité. Cette marge de prudence absorbe une partie de l'incertitude sur le prix de vente réel qui sera finalement obtenu.
Q2 Quelle est la différence entre un prêt relais sec et un prêt relais adossé ?
Le prêt relais sec finance seul le nouvel achat, lorsque la valeur du bien à vendre suffit. Le prêt relais adossé se combine à un second prêt immobilier classique, lorsque le nouvel achat dépasse la seule valeur du bien à vendre, ce qui implique de rembourser deux prêts en parallèle jusqu'à la vente.
Q3 Que se passe-t-il si le bien ne se vend pas dans les délais prévus ?
Un renouvellement encadré reste parfois possible, sous réserve de l'accord de l'établissement prêteur, mais il n'est jamais automatique. Il suppose une nouvelle appréciation de la situation, notamment de l'avancement réel des démarches de vente en cours.
Q4 Quel est le principal risque d'un prêt relais ?
Le risque principal tient à une estimation trop optimiste du bien à vendre. Si le prix de vente réel est inférieur à l'estimation initiale, l'emprunteur doit compléter la différence sur ses propres ressources, ce qui peut créer un déséquilibre financier important.
Q5 Comment limiter le risque lié à un prêt relais ?
En s'appuyant sur plusieurs avis professionnels pour estimer le bien à vendre, plutôt qu'une seule source, et en fixant un prix de vente cohérent avec le marché local plutôt qu'un prix ambitieux. Vérifier sa capacité à assumer deux charges de remboursement en parallèle reste également indispensable avant de s'engager.

Notre méthode. Cet article est rédigé par la rédaction de Banque.fm à partir du cadre réglementaire français en vigueur et des pratiques courantes du secteur bancaire. Les montants et plafonds cités sont ceux fixés par la réglementation ; les taux et tarifs commerciaux évoluent et doivent être vérifiés auprès de l'établissement avant toute décision. Banque.fm publie une information générale et ne délivre ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.

À lire ensuite Dans la même rubrique et le même dossier

Toute la rubrique