
Dossier de surendettement : procédure, effets et solutions
Lorsqu’il devient impossible d’honorer ses échéances personnelles, une commission peut examiner la situation et proposer un traitement adapté, sans effacer automatiquement les dettes.
La procédure concerne d’abord l’entreprise ou le patrimoine professionnel ; le responsable n’est touché à titre personnel que dans des cas précis.

La liquidation judiciaire vise d’abord le débiteur : une société, ou le patrimoine professionnel d’un entrepreneur individuel. Elle organise la réalisation de ses actifs sous le contrôle d’un liquidateur afin de régler les créanciers selon les règles de la procédure collective. Elle ne transforme donc pas automatiquement les dettes de l’entreprise en dettes personnelles du dirigeant, et ne provoque pas, par elle-même, une inscription au FICP ou une fermeture de son compte privé.
La confusion vient notamment d’un ancien « fichage 040 » des dirigeants, souvent encore évoqué dans les recherches sur la faillite entrepreneuriale. Ce signal historique de la Banque de France a été supprimé : il n’existe plus de code 040 consultable qui frapperait automatiquement un entrepreneur après une liquidation. En revanche, une caution personnelle appelée, un crédit privé impayé, un chèque sans provision sur un compte personnel ou une interdiction de gérer peuvent avoir des effets bancaires propres. Voici comment les distinguer, les vérifier et préparer un rebond professionnel.
Pour une société dotée d’une personnalité juridique propre, telle qu’une SARL, une SAS ou une SA, c’est la société qui doit les dettes professionnelles. La liquidation judiciaire ne rend pas le dirigeant personnellement débiteur par simple effet du jugement. Son patrimoine peut toutefois être exposé s’il a signé une caution personnelle — un engagement par lequel il promet de payer à la place de l’entreprise —, souscrit un prêt en son nom, commis une faute de gestion retenue par un tribunal ou fait l’objet d’une sanction. Pour un entrepreneur individuel, la séparation légale entre patrimoines professionnel et personnel protège en principe les biens privés, sous réserve d’exceptions et de la nature exacte de la dette.
Non. Le code 040 était un ancien indicateur associé au FIBEN, le Fichier bancaire des entreprises de la Banque de France. Il permettait de signaler aux établissements habilités qu’une personne avait dirigé une entreprise placée récemment en liquidation judiciaire. Il ne s’agissait ni du FICP ni d’une interdiction légale de crédit, mais ce signal pouvait peser dans l’appréciation bancaire. Il a été supprimé. Une liquidation nouvelle ne crée donc pas de « fichage 040 » personnel. Cette suppression ne fait pas disparaître le jugement, les informations légales publiées ou les éléments financiers que le prêteur est autorisé à analyser pour étudier un dossier professionnel.
| Dispositif | Ce qu’il enregistre | Lien avec une liquidation |
|---|---|---|
| Ancien code 040 de FIBEN | Ancien signal sur certains dirigeants | Supprimé : aucune inscription nouvelle possible |
| FICP | Incidents sur crédits et découverts personnels, ou surendettement | Pas d’inscription automatique pour la dette d’une société |
| FCC | Incidents de chèques et retraits de carte bancaire | Dépend du compte et de l’incident, pas du jugement seul |
| FNIG | Interdictions de gérer prononcées par une juridiction | Possible seulement en cas de sanction judiciaire |
| FIBEN actuel | Informations économiques et financières d’entreprises | Ce n’est pas un fichier personnel automatique de faillite |
Les conditions de consultation et les données traitées évoluent : vérifiez la procédure d’accès et vos droits directement auprès de la Banque de France.
Le FICP, ou Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers, vise les crédits et découverts d’une personne physique conclus pour des besoins non professionnels, ainsi que les situations de surendettement. Une caution consentie pour un prêt professionnel n’est pas, en elle-même, un crédit à la consommation : son appel n’entraîne donc pas une inscription FICP automatique. En revanche, un découvert privé non régularisé ou des mensualités impayées sur un prêt personnel peuvent y conduire. La France ne dispose pas d’un registre général des crédits correctement remboursés : découvrez ce qu’est réellement le fichier positif des crédits.
Dès l’ouverture de la liquidation, le fonctionnement du compte de l’entreprise relève de la procédure et des pouvoirs du liquidateur. La banque peut limiter les procurations, les cartes, les chèques ou les virements initiés par l’ancien dirigeant ; le solde et les opérations doivent être rapprochés avec le mandataire désigné. Cela ne signifie pas que le compte personnel est bloqué. Une banque ne peut pas saisir spontanément les fonds privés pour une dette de société. Une saisie suppose une dette personnelle exigible et les formalités adaptées. Vérifiez aussi les mandats de prélèvement, terminaux de paiement et abonnements qui pourraient continuer à générer des frais.
Il n’existe pas d’interdiction générale d’emprunter après l’échec d’une entreprise. La banque étudie néanmoins le risque : stabilité des revenus actuels, charges privées, crédits en cours, éventuels appels de caution, apport, garanties et cohérence du projet. L’absence du code 040 ne contraint donc aucun prêteur à accorder un financement. Elle évite seulement qu’un ancien signal automatique soit utilisé. Pour un crédit immobilier ou professionnel, préparez une explication factuelle de la liquidation, les pièces qui montrent la clôture ou l’avancement de la procédure, et un budget personnel réaliste.
Le « compte professionnel » n’est pas un droit à un crédit : c’est un compte de dépôt utilisé pour l’activité. Si une banque refuse l’ouverture d’un compte de dépôt à une personne physique ou morale qui n’en possède pas, le droit au compte permet de demander à la Banque de France de désigner un établissement. Les services bancaires de base sont gratuits, mais la banque désignée ne doit pas fournir automatiquement chéquier, carte à débit différé, autorisation de découvert ou financement. Elle demandera les justificatifs d’identité, d’activité et de domicile nécessaires à ses obligations de vigilance.
Conservez le jugement, l’identité du liquidateur, les relevés de comptes, les contrats de prêts et chaque acte de caution.
Dressez trois colonnes : dettes de la société, dettes personnelles et engagements de caution. N’admettez pas une dette sans justificatif.
Exercez votre droit d’accès auprès de la Banque de France pour les informations personnelles qui vous concernent et auprès de votre banque pour son dossier client.
Une erreur sur un incident se traite d’abord avec l’établissement déclarant ; une erreur de jugement ou de registre se traite auprès du greffe ou du professionnel compétent.
Envoyez une réclamation écrite, joignez les preuves et gardez les accusés de réception. La rectification d’un fichier suit la correction de l’information source.
Consultez rapidement un avocat si la banque appelle une caution, si le montant réclamé paraît supérieur au plafond garanti, si une responsabilité de dirigeant est invoquée ou si une interdiction de gérer est envisagée. L’expert-comptable aide à reconstituer la situation de l’activité et à bâtir un prévisionnel crédible. La Banque de France est l’interlocutrice des fichiers qu’elle gère et du droit au compte. Si les dettes privées deviennent impossibles à régler, la liquidation professionnelle et le surendettement ne se confondent pas : lisez le guide du dossier de surendettement pour évaluer cette démarche distincte.
En cas de litige avec votre banque sur un frais, une clôture ou le traitement d’une réclamation, commencez par le service réclamation de l’établissement. Sans solution, vous pouvez saisir le médiateur bancaire dans les conditions prévues par la convention de compte. Le médiateur ne remplace ni le liquidateur ni le juge, et il ne peut pas annuler une caution par principe ; il intervient sur le différend bancaire qui lui est soumis. Pour une difficulté de fichiers, privilégiez d’abord la Banque de France et l’établissement à l’origine de l’inscription.
Notre méthode. Cet article est rédigé par la rédaction de Banque.fm à partir du cadre réglementaire français en vigueur et des pratiques courantes du secteur bancaire. Les montants et plafonds cités sont ceux fixés par la réglementation ; les taux et tarifs commerciaux évoluent et doivent être vérifiés auprès de l'établissement avant toute décision. Banque.fm publie une information générale et ne délivre ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.

Lorsqu’il devient impossible d’honorer ses échéances personnelles, une commission peut examiner la situation et proposer un traitement adapté, sans effacer automatiquement les dettes.

Le registre recensant tous les emprunts des particuliers reste une idée, tandis que les bases actuelles signalent surtout incidents de remboursement et interdits.

Après une réponse insatisfaisante ou le silence de votre établissement, un tiers impartial peut examiner gratuitement votre différend dans un cadre strict.