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La solidarité d'un compte joint et celle imposée par le mariage ou le PACS sont deux mécanismes différents, souvent confondus au pire moment.

Un couple ouvre un compte joint en pensant que c'est ce geste précis qui les rend solidaires l'un de l'autre pour leurs dépenses communes. En réalité, deux mécanismes bien distincts se superposent, et les confondre conduit à mal évaluer sa propre exposition financière. D'un côté, la solidarité propre au compte joint lui-même, qui s'applique de la même façon quel que soit le statut du couple. De l'autre, une solidarité légale sur les dettes du ménage, imposée par le mariage ou le PACS, qui existe même sans compte joint.
Cette seconde solidarité surprend souvent par son étendue : elle peut engager un conjoint pour une dette contractée seul par l'autre, dès lors qu'elle concerne les besoins courants du ménage, indépendamment du régime matrimonial choisi. Les couples non mariés et non pacsés, eux, échappent entièrement à cette solidarité légale, ce qui change fondamentalement leur exposition en cas de dette contractée par l'un d'eux seul.
Ce guide explique pourquoi la solidarité du compte joint ne dépend pas du statut du couple, ce que recouvre la solidarité des dettes ménagères imposée par le mariage et le PACS, ses limites précises, pourquoi le régime de biens choisi ne change rien à cette solidarité, la situation différente des concubins, et ce qu'il faut vérifier avant d'ouvrir un compte joint quel que soit votre statut.
Dès l'ouverture d'un compte joint, chaque co-titulaire devient solidairement responsable de son fonctionnement, ce qui signifie que la banque peut réclamer l'intégralité d'un découvert à l'un ou l'autre des deux titulaires, indépendamment de qui a réellement effectué les dépenses à l'origine de ce découvert. Cette solidarité découle uniquement de la convention signée avec la banque au moment de l'ouverture du compte, et elle s'applique exactement de la même façon que le couple soit marié, pacsé, ou simplement en concubinage.
Indépendamment de tout compte joint, le mariage comme le PACS imposent une solidarité entre les deux partenaires pour les dettes contractées en vue de l'entretien du ménage ou de l'éducation des enfants. Concrètement, si l'un des deux contracte seul une dette pour une dépense courante du foyer, l'autre peut être poursuivi pour l'intégralité de cette somme, même s'il n'a jamais signé le document à l'origine de cet engagement. Cette règle s'applique de façon identique, que le couple soit marié ou pacsé : la réforme du PACS a aligné ce mécanisme sur celui du mariage.
Cette solidarité connaît des limites précises. Une dépense manifestement excessive au regard du train de vie du ménage échappe à cette solidarité, tout comme, en principe, un emprunt d'un montant important signé par un seul des deux partenaires, sauf s'il concerne une somme modeste nécessaire à la vie courante du foyer. Un crédit conséquent souscrit individuellement par l'un des deux, pour un achat qui ne relève pas des besoins ordinaires du ménage, n'engage donc pas automatiquement l'autre partenaire au titre de cette solidarité légale.
| Type de dette | Couverte par la solidarité | Remarque |
|---|---|---|
| Dépenses courantes du foyer (alimentation, loyer, charges) | Oui | Peu importe lequel des deux a signé ou payé |
| Dépense manifestement excessive au regard du train de vie | Non | Exclue explicitement de la solidarité |
| Emprunt important signé par un seul partenaire | Non, en principe | Sauf somme modeste nécessaire à la vie courante |
| Achat ou engagement personnel sans lien avec le ménage | Non | Reste propre à celui qui l'a contracté |
L'appréciation de ce qui relève ou non des besoins du ménage reste soumise à l'appréciation des circonstances propres à chaque situation.
Une confusion fréquente consiste à croire qu'un régime de séparation de biens protège automatiquement chacun des deux partenaires des dettes contractées par l'autre. Ce régime organise la propriété des biens acquis pendant le mariage ou le PACS, pas la solidarité sur les dettes ménagères courantes, qui reste due quel que soit le régime choisi. Un couple marié ou pacsé sous séparation de biens reste donc tout aussi solidaire des dépenses courantes du ménage qu'un couple marié sous un régime de communauté.
Un couple en concubinage, ni marié ni pacsé, n'est soumis à aucune solidarité légale équivalente. Chacun des deux partenaires ne reste responsable que de ce qu'il a personnellement signé ou co-signé, sans qu'une dette contractée seul par l'autre pour les besoins du foyer ne puisse lui être réclamée. Cette différence mérite d'être bien comprise, en particulier par les couples qui achètent à deux sans être mariés, où l'absence de ce filet de solidarité légale rend d'autant plus importants les engagements pris explicitement ensemble.
Cette absence de solidarité légale pour les concubins ne s'applique cependant qu'aux dettes contractées individuellement par l'un des deux. Un compte joint ouvert par des concubins reste soumis exactement à la même solidarité bancaire qu'un compte joint entre époux ou partenaires de PACS, puisque cette solidarité découle uniquement de la convention de compte signée avec la banque. Un découvert sur un compte joint entre concubins engage donc pleinement les deux titulaires, exactement comme pour n'importe quel autre couple.
Quel que soit le statut du couple, une séparation ne met jamais fin automatiquement à la solidarité d'un compte joint existant, qui doit faire l'objet d'une démarche active auprès de la banque. Cette question est détaillée dans notre guide sur la désolidarisation d'un compte joint après une séparation, qui explique la marche à suivre pour mettre fin concrètement à cet engagement une fois la vie commune terminée.
Notre méthode. Cet article est rédigé par la rédaction de Banque.fm à partir du cadre réglementaire français en vigueur et des pratiques courantes du secteur bancaire. Les montants et plafonds cités sont ceux fixés par la réglementation ; les taux et tarifs commerciaux évoluent et doivent être vérifiés auprès de l'établissement avant toute décision. Banque.fm publie une information générale et ne délivre ni conseil en investissement, ni recommandation personnalisée.

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